e u l a m a

 

Julie de Lespinasse

Mourir d'amour
Jean Lacoutoure / Marie-Christine d’Aragon
Complexe, Paris - Bruxelles, 2006, 336 pages

 

"J’ai souffert, j’ai haï la vie, j’ai invoqué la mort [...] oh ; qu’elle vienne ; et je fais serment de ne pas lui donner le dégoût et de la recevoir au contraire comme une libératrice."

Il n’y a qu’une chose qui résiste, c’est la passion, et c’est celle de l’amour, car toutes les autres resteraient sans réplique [...]. Il n’y a que l’ amour-passion et la bienfaisance qui me paraissent valoir la peine de vivre."

 

L’œuvre

Bâtarde, sans beauté, obscure dame de compagnie de Mme du Deffand, Julie de Lespinasse aurait pu passer dans son siècle comme une ombre. Mais elle était le charme même : on n’approchait pas d’elle sans se sentir attiré. Elle ouvre un salon et c’est le succès : le Tout Paris des lettres et des arts vient y refaire le monde. Elle est la muse de l’Encyclopédie ; elle a la gloire, le pouvoir. Et pourtant, en secret, seule la passion amoureuse l’anime….
Une biographie passionnée suivie d’un choix des plus belles lettres de Julie de Lespinasse.

Argumentaire :
Bâtarde, sans beauté, sans fortune, domestique à seize ans des enfants de son père, puis obscure dame de compagnie de la femme la plus illustre de Paris, Julie de Lespinasse (1732-1776) aurait pu passer dans son siècle comme une ombre.
Mais elle était le charme même : on n’approchait pas d’elle sans se sentir attiré. Elle ouvre un salon et c’est le succès : d’Alembert, Condorcet, Marmontel, Turgot,
La Harpe, Grimm, le Tout Paris des lettres et des arts vient y refaire le monde. Elle est la muse de l’Encyclopédie ; celle qu’il faut séduire pour entrer à l’Académie française ; elle a la gloire, le pouvoir.
D’Alembert est à ses pieds. Mais elle est folle du marquis de Mora, trop beau, trop jeune, trop parfait. Elle le trahit pour le comte de Guibert, trop volage, trop séduisant, qui en aime une autre et en épouse une troisième. Elle l’aime « comme il faut aimer : avec excès, avec folie, transport et désespoir ». Et elle lui écrira des milliers de lettres, un torrent de lave, dont les pages brûlent encore. Mais ces mots s’adressent aussi à Mora… Car le coeur le plus brûlant de tout le XVIIIe siècle ne sait plus pour qui il bat. Une seule issue : la mort.

Cette biographie passionnée est suivie d’un choix des plus belles lettres de Julie de Lespinasse.

« Oui, mon ami, je vis tout en vous ; j’existe parce que je vous aime, et cela est si vrai, qu’il me paraît impossible de ne pas mourir quand j’aurai perdu l’espoir de vous voir. »

(Lettre XXVIII, 1774)

 

Table des matières
PREMIÈRE PARTIE. LES INFORTUNES DE LA VERTU

LA
BÂTARDE
Sous les auspices de l’amour et du malheur – Une illustre famille de Lyonnais – Un château croulant sur les bords de la Turdine – Déçue par la vie – Madame a un amant ? Quel est-il ? – « Je suis fille de M. le Comte de V… » – Il épouse la fille de sa maîtresse – Le dernier soupir de la mère – M. le Comte est un gaillard – Je mangeai comme un ogre – Terrible révélation – Les barbares persécuteurs – Se jeter dans un cloître…

LA MARQUISE
Une
abbesse peu dévote – Lupanar ou couvent ? – Elle est charmante ! – L’éternelle ennuyée – Je me mariai pour aller dans le monde – Dans le lit du Régent – Les délices de Caprée – Des passions de vingt-quatre heures – Mon mari m’ennuie – « Une poupée de sang » – Un homme qui « représente » – Les salons du faubourg Saint-Germain – L’homme aimable – Les auteurs du logis – À chaque femme son géomètre – Les soupers de la rue de Beaune – Plongée dans un cachot éternel – La solitude champêtre – Rencontre – Venez vivre à Paris avec moi – Expiation – Querelles familiales – Le coeur plein d’espérances

LA QUERELLE
Un
cloître douillet – Le salon de la marquise – Une femme « aimable » – L’ami de cinquante ans – Nous parlerons de tout et nous ne traiterons de rien – La fleur de la société polie – Cela se fait, cela ne se fait pas – Elle n’eut qu’à paraître – Dieu vous devait cette consolation – Elle faisait du jour la nuit et de la nuit le jour – Une sirène dans mon royaume – Le gentilhomme irlandais – Tenez-vous désormais dans votre chambre ! – Opium – Petit héros d’un petit roman – Je suis naturellement défiante – L’ensorceleuse…

DEUXIÈME PARTIE. SOEUR JULIE DE L’ENCYCLOPÉDIE

LE GÉOMÈTRE
Encore un bâtard – La Merteuil est un ange de vertu – Ce n’est pas Dieu que j’aime, c’est vous ! – Elle accouche par distraction – Un nourrisson sur les marches de l’église – Le chevalier en quête d’une nourrice – Claudine saisie par le remords – L’aventure de l’Encyclopédie – Je change à mon gré de visage – Mon petit chat sauvage – J’ai perdu tout le temps que j’ai passé sans aimer – Qu’il commence par se faire homme – On ne prête qu’aux riches – Deux roseaux battus par la tempête – Amoureux fou – D’insignes maroufles ! – Crispin-Rousseau broute sa laitue – Mes yeux ont vu la vengeance – Un roi philosophe – Le marquis de Brandebourg à Clèves – Julie prend sa revanche – Le drame éclate – Une vipère que je nourris dans mon sein

LE SALON
Sous le nez de la marquise – Rentes et pensions – Un décor – Grêlée ! – Deux cent mille laiderons réfugiés dans les monastères – Un pied dans la barque à Caron – Mariés secrètement ? – Ce matin, du bain où je suis – Un mauvais amant – Tendresse – Le royaume de la rue Saint-Honoré – La TsarineC’ était mon mari ! – Mon adorable roi ! – Un trône à sa taille – Un nouveau cercle – Soeur de Lespinasse – Âme d’une compagnie bigarrée – Le règne de la femme – Embrassez-moi, je serai à vos pieds

LE CHARME
Techniques de la séduction – Un cénacle d’adorateurs – Je ne compare rien, je jouis de tout – Dissonances ou harmonies – Que fait-on chez la Lespinasse ? – Français par « régénération » – Je ne mange que de l’ambroisie – David Hume et Jean-Jacques Rousseau – Jean-Jacques est une bête féroce – L’antichambre de l’Académie – Je n’ai qu’un intérêt, celui de l’amitié – Bon, très bon et très cher Condorcet – Julie à sa toilette – Mlle d’Ussé – Consolations – Le beau Suard

TROISIÈME PARTIE. « LE PLUS FORT BATTEMENT DE COEUR DE TOUT LE SIÈCLE »

LE MIRACLE
Grand d’Espagne – En une semaine, je fus garçon, marié et veuf – Le coeur de La Nouvelle Héloïse – Le gouffre de la passion – L’Espagne ne méritait pas Mora – La foudre – Aimée à un degré où l’imagination ne peut atteindre – L’aubergiste de l’Europe – Entendons-nous sur le mot « vertu » – Tour à tour au ciel et en enfer – La passion résiste-t-elle au bonheur ? – Ah ! c’en est fait, je suis malheureuse !

LE COLONEL
Le Moulin-Joli – Jacques-Antoine-Hippolyte, comte de Guibert – Un homme à la mode – Corneille ou Turenne ? – L’Essai général de tactique – Un précurseur de Napoléon – Le vent d’autan – Sa mère, sa femme ou sa maîtresse ? – Quel plat poète ! – Virilité – J’ étais bien éloignée d’avoir besoin de former une liaison… – Dangereuse familiarité – Les lettres se perdent… – M. de Mora prisonnier – Encore le « petit Savoyard »

LE VOYAGE
Jeune homme, prenez le large… – Fouette cocher ! – Plût au ciel que vous fussiez mon ami – La confusion des sentiments – Je ne fais qu’aimer, je ne sais qu’aimer… – Un coup fatal à Mora ? – Le grand Frédéric – Une bourgeoise à Schönbrunn – Affres de Julie – M. de Guibert aime-t-il une femme mystérieuse ? – Ce retour est redoutable – Revenez, revenez…

LA PASSION
Est-ce
que nous sommes libres ? – La coupe du délicieux poison – Un souvenir qui glace mon sang ! – De tous les instants de ma vie… – L’oracle Turgot – Jalousie – Une femme comme il faut n’a qu’un amour et elle en meurt – Je meurs pour vous… – Je l’ai tué ! – Les vapeurs – Phèdre. Didon. Médée. – Guibert : un héros ? – Vapeurs de vanité – Rupture – Quel labyrinthe que mon coeur ! – Funeste secours – Nous allons avoir pire ! – Que j’ai mal à l’âme ! – Forcé de se marier – J’épouse Mlle de Courcelles – Ni mots, ni larmes… – Jours passés comme un songe

LIEBESTOD
On ne meurt pas pour un scélérat – La haine est intolérable – Soyons vertueux – Guibert fou de passion – Est-ce que je vis encore ? – Quelle nuit, quelle solitude… – Grâces soient rendues à la veuve de Guibert

« JE VOUS AIME COMME IL FAUT AIMER,
AVEC EXCÈS, AVEC FOLIE, TRANSPORT ET DÉSESPOIR »

CHOIX DE LETTRES

 

 

Les auteurs

Jean Lacouture

Journaliste, écrivain, historien et éditeur, Jean Lacouture a arpenté le monde depuis la Libération. Journaliste à Combat, au Monde puis au Nouvel Observateur, il a ramené des reportages et des analyses sur le Vietnam, l'Égypte, l'Algérie, le Moyen-Orient notamment.
Il a écrit une cinquantaine de livres, notament les biographies de grandes figures de l'Histoire : Hô Chi Minh, de Gaulle, Mendès France, Mitterrand, ou celles de ses écrivains de prédilection : Malraux, Mauriac, Montaigne, Dumas, Montesquieu ou Stendhal…

 

Marie-Christine d' Aragon

Marie-Christine d'Aragon est historienne et journaliste. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages documentaires et historiques, dont Gaston 1er, le rêve mexicain du Comte de Raousset-Boulbon (en collaboration avec Louis-Napoléon Bonaparte-Wyse.